Une carte à jouer ..acte 2..
Jun 4th, 2004 by Admin
Il se demande si c’était vrai. Il se rend compte qu’il va vivre la situation qu’il a toujours déniée. Il se remémore ses reproches adressées à un ami, qui un jour avait été réveillé par sa mère. Il était impitoyable, sarcastique. Il l’avait jugé coupable.
Il se lève, se dirige vers le miroir et pointe le doigt en guise d’accusation. Tu n’avais jamais compris ce que représentait sa mère pour lui. Tu l’as traité d’immature. Tu as été dur. Tu l’as blessé. Tu l’as rabaissé. Il venait chercher refuge.
La discussion s’est transformée en déluge. Tu t’es donné le droit de le dénigrer.
Ce fut la fin de votre amitié.
Que vas tu faire maintenant. Ou sont passés tes discours quant à l’amour. Seras tu capable maintenant de dire non à ta maman.
Il approche la quarantaine. Les rides commencent à creuser leurs territoires. Nul ne peut combattre, cet ennemi redoutable, le temps. Il s’approche encore du miroir, il croit en ses yeux qui ne l’ont jamais trahi. Il sait que naguère, ils n’avaient menti. Personne n’a su percer ce mystère à part, toi, Sonia.
Il se demande ce qu’elle est advenue. Des années sont passées et il ne parvient pas à l’oublier. Elle l’a aimé, d’un amour vrai, indescriptible. Elle le voulait pour le pire et pour le meilleur. Elle le suppliait secrètement. Il faisait semblant de ne rien savoir. Il essayait de fuir le sujet. Elle lui parlait souvent de ses prétendants. Il croyait qu’elle employait, comme toutes les filles, ces moyens contournables pour le rendre jaloux et le poussait à agir. Il se croyait malin. Elle l’a un jour quitté. Elle était sans pitié. Il l’a imploré, supplié pour qu’elle revienne. Il était trop tard. Elle a choisi de vivre sans lui. Il n’a jamais été présent dans sa vie. Mieux vaut pour elle de vivre cette solitude loin de lui.
Ses larmes jaillissent. Il sentait leur chaleur. O! Quelle douleur!
Sa jeunesse, son orgueil, ses ambitions, sa curiosité ranimaient sa lâcheté. Il voulait séduire sans cesse. Il se moquait de ces femmes qui l’avaient approché. Il donnait à l’amour un qualificatif dérisoire, inaccessibilité. Il la voulait parfaite, fine, douce, fragile, telle une fée. Il a exploré tous les territoires et était tout le temps insatisfait. Un ange lui est apparu un jour et lui a indiqué les voix de l’amour…mais son appétit insatiable retenait son coeur. Il criait haut et fort, l’amour existe, menons notre quête. Quand l’amour est venu à sa rencontre, il l’avait repoussé de peur de se tromper de quai. C’est toujours la peur qui nous emprisonne, qui nous rend aveugle. Oh! Sonia!
Il se retrouve tout seul, las et sans joie.
…..à suivre