Elle regardait par la fenêtre, il faisait un temps gris, sans couleur, sans vie, la pluie émettait des sons apaisants, un appel à la guérison.
Les coups de vent sur la vitre de sa chambre la supplaient de quitter son cocon. Elle fit taire ses sens, chose qu’elle a toujours su faire et les appels devinrent raisonnants, elle se tourne, se cache le visage mais le regain de rage la fit sursauter. Rebelle, c’est comme ça qu’on l’appelle, elle s’habille et décide d’affronter ce visiteur, inquisiteur.
Qui es-tu ? Que me veux-tu ? Devrais-je me justifier pour ce moment de paix ? C’est assez, tu as peur d’articuler ? Ou est passé ce ton assourdissant ?
Elle décide de franchir le seuil de sa maison, plus confiante et déterminée à résoudre le mystère, elle avance sous la pluie, empoisonnée de colère.
Le cri fut incessant et son corps fut victime d’outrage, par moment, elle sentait l’eau la gifler, d’autre fois, la caresser, elle s’abandonne au désarroi. Elle continue de marcher, ne sachant où aller ? Ayant cédé aux insultes de l’adversaire, elle s’avançe sans trop de soucis.
Le terrain du combat, c’est à ça qu’elle ne cesse de penser, ou va se dérouler la bataille, Elle n’aime pas les surprises, c’est toujours elle qui détient les reines. Prise au dépourvu, elle se prépare, respire, se lave le visage et boit de l’eau que la main de l’ennemi lui tend avec générosité. Elle se ressaisit, surprise d’avoir accepté recevoir d’un inconnu, se retourne et sourit. Etait elle entrain d’apprivoiser l’autre, a-t elle peur ou c’est son caractère.
Elle se sentit vide et dépouillée, mise à nu et agressée…jamais personne ne l’avait désarmée.
Elle cru à sa force et s’agenouilla en guise de respect, détacha son voile et se mit à pleurer.
Ses larmes lui semblèrent étrangères, leur goût, d’un souvenir amère.
Elle s’abandonne au rythme d’une danse à saveur sucrée et salée. Elle émit un rire qui transgressa le silence assagi et elle se réjouit. Elle ne sait plus ce qu’elle ressent, était ce de la joie ou de la peine, de l’amour ou de la haine, du bonheur ou de l’ivresse, de l’hymne ou de la maladresse.
Elle frisonne, tout simplement, se donne.